Arrêtons de jouer sur les mots, de s'obstiner à essayer d'excuser l'inexcusable, de mettre en danger notre société avec des théories abracadabrantesques du style de celle exposée l'autre jour sur
LCI(La chaîne d'information en continu) par Christophe Barbier, le directeur de la rédaction de l"Express", que l'on prenait pour un hebdo sérieux. "Si l'on donne du boulot aux jeunes des
quartiers, on fait baisser l'insécurité", a déclaré l'éditorialiste en question. Comme si être chômeur conduisait automatiquement à être voyou, à violer collectivement des adolescentes, à torturer
toute une nuit des personnes âgées pour leur soutirer leurs économies, à attaquer armés et cagoulés des collèges et des lycées en rouant de coups les proviseurs voulant s'interposer, à tendre des
pièges aux policiers et même aux pompiers!
Oui, arrêtons de jouer sur les mots, ça n'a que trop duré. Mettons le nez dans le guidon pour foncer dans la bonne direction, le plus vite sera le mieux. La nécessaire politique de prévention, le
droit à la rédemption ne doivent pas faire oublier l'indispensable sanction et son application. Pratiquer l'angélisme à répétition encourage à la récidive et fait le lit de l'impunité. Tordons
aussi le cou à l'idée que les actes les plus odieux sont couvent commis par des "irresponsables", des débiles mentaux. Youssouf Fofana et son "gang des barbares" ne sont pas des débiles mentaux, ce
sont des assassins, parmi les plus salauds, puisque racistes par-dessus le marché. Le crime du malheureux Ilan Halimi, Fofana l'a planifié, programmé, orchestré, exécuté avec minutie, froideur et
cruauté. Du choix de la victime à l'enlèvement, à la séquestration et à la lente mise à mort.
Depuis que le Parlement a aboli la peine capitale, à l'initiative du président Mitterrand, sans donc passer par le référendum (la gauche de l'époque pensait peut-être que le peuple était trop
con!), Youssouf Fofana et ses "barbares" ne risquant plus que la perpétuité. Souhaitons que de "remise de peine" en "remise de peine", ils ne se retrouvent pas trop vite à l'air libre, loin des
barreaux.